Mexique, j'apprends à t'aimer!

Tour du monde en voilier: journal de bord.

Pas de mensonge entre nous. Je n'ai jamais eu une grande attirance pour le Mexique. Tout inclus et tourista, très peu pour moi.

Mais c'est quand on passe par-dessus nos préjugés qu'on fait les plus belles découvertes. Comme de rencontrer une civilisation d'autrefois.

Jeff et moi avons eu cette chance. Une petite escapade à Creel, ville de l'état de Chihuahua, nous a confrontés à la réalité de notre monde.

Il existe encore des gens qui vivent sans électricité, qui parlent un dialecte ancestral et qui confectionnent leurs vêtements à la main.

Je ne parle pas des amish, mais des Tarahumaras.

Un passé passionnant

L'histoire de cette population indigène est passionnante. Au fil des siècles, elle a été repoussée dans les montagnes du Mexique, là où personne ne voulait vivre.

Le terrain trop abrupt, le froid hivernal. Un lieu hostile, mais d'une incroyable beauté. C'est d'ailleurs aujourd'hui une destination touristique qui gagne en popularité.

Les hommes sont devenus d'habiles coureurs, parmi les plus rapides au monde. Un héritage génétique qui rappelle des siècles passés à fuir.

Fait plutôt inusité, ils fabriquent eux-mêmes leurs chaussures de course. C'est très rudimentaire. On parle de morceaux de pneus coupés en forme de sandales. Ils les portent été comme hiver.

Coup de cœur pour les femmes

Personnellement, j'ai eu un coup de cœur pour les femmes et leurs costumes colorés. Quand on réussit à croiser leur regard, on sent une réserve, de la gêne.

Il ne faut pas s'attendre à un sourire. Pour elles, ce geste est réservé à l'homme qui partage leur vie. Au même titre que leur corps.

Au moment de les quitter, je ne pouvais m'empêcher de penser à la force de caractère que ça prend pour choisir ce mode de vie.

Car les enfants, et ils sont nombreux, vont à l'école avec les Mexicains. Ils partagent leur quotidien, découvrent leurs aspirations. Pourtant, le soir venu, ils retournent dans leur maison de paille, parfois dans leur grotte.

Et ils sont heureux.

D'accord, ils ont leurs problèmes, cela va de soi. Et tranquillement, ils mettent certaines pratiques ancestrales de côté afin de répondre aux demandes des autorités mexicaines.

Mais l'essentiel est là. Ils nous prouvent chaque jour qu'il en faut peu pour être heureux.

 
 
 

 

 

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